vendredi

__________________________________________________________________________________________ LAPIDAIRE N°1 ANSTRUDE

° Début de la quinzième série "LAPIDAIRES"
UN LIVRE D'ARTISTE POUR CHANTAL GARCIN /2002 "LAPIDAIRES"
LES MÉGALITHES DE L'ATLANTIDE… (*) depuis deux mille ans font rêver, suscitant d'innombrables hypothèses. En 1950 encore, le postulat d'une primauté du Proche-Orient excluait l'idée de cet "Empire grand et merveilleux" d'Occident décrit par Platon. En vieillissant de mille à trois mille ans les premières cultures des "Pays Barbares", le carbone quatorze change tout ! Inventant le cuivre deux mille ans avant Sumer, les Danubiens subirent les ravages de migrations répétées dont les débordements se firent sentir jusqu'en Mésopotamie. Indo-européens, Hyksos, Guerre de Troie, Peuples de la Mer perdent leur mystère. Par un saisissant contraste, l'Occident connut, de Gibraltar au Danemark, trois mille ans de paix sous l'égide d'une civilisation mégalithique dont on suit l'expansion, par l'Andalousie, la Corse Malte et la Crète, jusqu'en Égypte où la légende d'Osiris et Horus en garde le souvenir. Ainsi surgit maintenant du passé un immense Empire dont les caractéristiques, géographiques et culturelles, peu à peu révélées par l'archéologie, s'ajustent point par point à la description du récit de Platon. Son récit est le seul document historique dont nous disposons sur le lointain passé de la Cité Royale engloutie... Mais tout le monde connaît, en Méditerranée Occidentale une île noyée sous la mer ! … Corsica en est la partie émergée …
(*) Les légendes des 23 aquatintes ci-dessous sont des noms exacts de roches calcaires trouvées dans des carrières lapidaires de France.
NB: L'integralité du texte de "LAPIDAIRES" figure ci-dessous dans AVIS-commentaire

1 commentaire:

Guidu Antonietti di Cinarca a dit…

Guidu Antonietti

LAPIDAIRE
Mémoire de l'Atlantide pour célébrer le mégalithisme


Un récit en cinq chapitres
illustré de
vingt trois aquatintes paléographiques



Février 2002

***





Exemplaire unique et original







Archipel Editions
Aix en Provence
























































à Chantal Garcin-Magnan



LES MÉGALITHES DE L'ATLANTIDE…

depuis deux mille ans font rêver, suscitant d'innombrables hypothèses. En 1950 encore, le postulat d'une primauté du Proche-Orient excluait l'idée de cet "Empire grand et merveilleux" d'Occident décrit par Platon.
En vieillissant de mille à trois mille ans les premières cultures des "Pays Barbares", le carbone quatorze change tout !
Inventant le cuivre deux mille ans avant Sumer, les Danubiens subirent les ravages de migrations répétées dont les débordements se firent sentir jusqu'en Mésopotamie. Indo-européens, Hyksos, Guerre de Troie, Peuples de la Mer perdent leur mystère.
Par un saisissant contraste, l'Occident connut, de Gibraltar au Danemark, trois mille ans de paix sous l'égide d'une civilisation mégalithique dont on suit l'expansion, par l'Andalousie, la Corse Malte et la Crète, jusqu'en Égypte où la légende d'Osiris et Horus en
garde le souvenir.
Ainsi surgit maintenant du passé un immense Empire dont les caractéristiques, géographiques et culturelles, peu à peu révélées par l'archéologie, s'ajustent point par point à la description du récit de Platon. Son récit est le seul document historique dont nous disposons sur le lointain passé de la Cité Royale engloutie...
Mais tout le monde connaît, en Méditerranée Occidentale une île noyée sous la mer ! …
Corsica en est la partie émergée …






Les villes à la dérive …









1 … bougent …
Edifiées sur l'eau, les villes bougent. Comme l'océan qui les abrite, elles sont dans un état de mouvance perpétuel, en une sorte de dépendance par rapport au milieu qui les a enfantées. Les hommes qui s'y déplacent aiment être envoûtés par le rythme qui les anime.
En regardant le sol sur lequel elles s'appuient, ces cités sans cesse se réinventent.
Les couches mobiles de ce sol liquide, sur les murs des villes dessinent des courbes ascensionnelles, des sortes de plans imaginaires. Dans l'espace elles projettent des promontoires, des passerelles, des débarcadères, des lieux qui suscitent le déplacement. Le départ qui les habite vers un lointain jamais atteint, les propulse sans cesse. C 'est toujours vers lui qu'elles se dirigent. Leur horizon s'étale comme ce trait qui, entre le ciel et la mer, sait dessiner une différence. Cette ligne se répercute toujours de plus en plus loin de sorte qu'auprès de lui, l'horizon appelle les cités qu'il aime.
Les hommes qui peuplent les villes qui bougent, les villes envahies par le mouvement perpétuel, élargissent leur point de vue. Toutes les lignes qui tracent leurs cités, vers un point de fuite convergent, l'espace y donne tout à Euclide…
Ce point dans l'univers que jamais ils n'atteignent, dans l'eau se multiplie. C'est cette multiplication qui confère à la mer son mouvement magique.
La colère des hommes qui perdent de vue leurs points de fuite, dans les cités de l'eau jamais ne s'altère. En forçant les parallèles à se rejoindre, dans l'océan ils regardent la multiplication de ces points imaginaires. Bientôt ils retrouveront le mouvement pour lequel ils luttent. Leur course en un mouvement sans fin redécouvrira le mouvement perpétuel.
/…


2 … voyagent …

Edifiées sur l'eau les villes voyagent. Peuplées de conquérants, elles avancent sur les flots au rythme des caravelles. La houle sur ces bateaux-maisons imprime des gestes de dérive.
En esquissant le lointain, les mers se finissent toujours en continents qui attirent. Comme les caravanes au cours de leurs périples, les cités en voyage se font et se défont. Elles s'enflent toujours de nouveaux arrivants. Ils emportent avec eux des bagages sertis de mémoire.
Dans leur sillage, elles inscrivent l'itinéraire qu'elles suivent. Mais ce trait sur la carte des mers devient très vite illisible. Chaque fois que l'on trace des pistes sur les dunes marines, les vagues les bannissent. La voie que grave sans cesse la proue de ces villes décrit le hasard en termes équivoques. Ces traces en parlant de l'ailleurs sont identiques aux paroles que prononce l'étendue liquide. C'est sur ce hasard que les habitants vogueurs voyagent. Juchés sur des pontons, ils arrachent des péninsules trop fortement ancrées au continent. Les marins citadins architecturent les bordées de leurs villes avec la lenteur des navires qui investissent le large.
En comblant les bras de mer de leurs rêves de départ, les hommes migrateurs chargent leurs vaisseaux de désirs de voyage. Ils emplissent les soutes de cargaisons denses. C'est pour voyager que les peuples se laissent porter par le courant. Les oscillations qui agitent toujours les fondations des villes à la dérive donnent aux habitants un goût intense pour le départ.
La saveur au bout des mers alimente sans relâche la volonté des hommes qui combattent pour ériger bientôt l'univers en archipels.
/…
3 …respirent…
Edifiées sur l'eau, les villes respirent. Elles absorbent dans l'atmosphère leur substance propulsive. Semblable au souffle des éléphants de mer, la cadence qui les règle déchaîne sur l'étendue marine des émanations de vapeur imprécise. La circulation d'air sur les toits des cités d'eau suscite des turbulences. La voici qui inoculent dans les poumons urbains une sorte de spirale dessinant par transparence des quartiers, véritables ballons géants, remplis de matière incolore mais exquise.
Ces récipients comme des pistons, en comprimant l'air actionnent des pompes. Leurs actions conjuguées vivifient les dédales flasques des villes aquatiques.
Les labyrinthes ainsi parcourus se gonflent comme envahis par un corps mou, solidifiés soudain par un courant d'air. La brise marine pénètre alors dans les allées par tous les pores des villes poumons.
Organisées en filtre à air, elles séparent les embruns d' avec les fines gouttelettes d'eau et s’auréolent ainsi de moiteur. Elles se parent d'une teinte argentée, capable de retenir la lumière.
En accordant leur respiration au rythme ondulatoire de la surface en mouvement qui les accueille, les cités des mers s'associent au ballet des dauphins de Méditerranée. Elles respirent en harmonie avec le ressac, tantôt par expirations soutenues, tantôt par inspirations interminables. Dans les airs, elles propulsent ainsi une émulsion d'air et d'eau salée qui souligne l'horizon d'une nébuleuse de nacre.
Cette haleine issue des entrailles confrontée à l'odeur des embruns, se pare d'une fragrance d'ambre semblable aux effluves s’exhalant du ventre d'un squale échoué.
Les êtres qui vivent sur ces cités respirantes possèdent un sens supplémentaire. Ils perçoivent le monde par la respiration. Capables qu'ils sont de lire dans les circulations de l'air, ils savent s'installer en suspension dans l'invisible. C'est à pleins poumons qu'ils embrassent la pesanteur, portés par l'impalpable, ils donnent tort à Newton…
C'est pour s'enivrer en respirant la gravitation qu'ils édifient leurs cités sur l'élément le plus inhalant. L'esprit grisé par l'oxygène salé, ils se préparent à construire des faubourgs désunis par des volumes virtuels. En évacuant leur anatomie de l'air désormais irrespirable, ils déplacent les murs par leur simple expiration.
/…

4 …parlent …
Edifiées sur l'eau, les villes parlent. Comme le vent dans le gréement des vaisseaux, elles chantent l'appel des confins. Peuplées par le verbe des légendes, comme les sirènes, elles content des histoires sans fin. Les mots indistincts qu'utilisent les cités marines en décrivant les continents d'où elles viennent calligraphient l'âme de ses résidants. Si les villes de l'eau laissent derrière elles des paléographies empreintes
de songes
avancer toujours vers une nouvelle destination. Celle qui devant, dans le lointain, s'énonce en phrases. Pour mieux en comprendre le sens, les hommes, sans trêve, vers ces sons d'outre-mer s'approchent. Car tout propos prononcé en mer a son écho. Il se répercute au centuple sur l'étendue de l'océan façonnant les mots en un immense poème. Le poème de la mer. Énoncé de métaphores multiples, il dresse sur le sommet de la houle des fables à répétition des allégories fleuves.
Le mariage des oreilles et du cœur des héritiers des mers leur confère un pouvoir chamaniste, l’aptitude à écouter le temps insaisissable. Car les paroles que le sillage des villes à la dérive dessine sur le papier marin s'ordonnancent en phases pour offrir l’éloquence au temps.
En écoutant les propos du temps, les hôtes des océans vagabondent dans sa direction. Parce qu'il est inexorable le temps sous-titre l'univers et c'est, juchés sur les remparts des villes des mers qu'ils vocifèrent en parodiant Neptune. Pour conférer aux stances du temps une syntaxe poétique les humains ont construit leurs villes sur l'eau. Epuisés d’inlassablement traduire dans leur langue les étranges propos de leur mémoire défaillante ils vont s'empresser d'apprendre un nouvel idiome, celui qui a construit leur demeure. L’intellection de cette grammaire nouvelle va leur concéder enfin l’aptitude à dialoguer avec le temps.
/…

5 …se reflètent …
Edifiées sur l'eau, les villes se reflètent. En se mirant elles se dédoublent, car l'interstice qui les sépare d'avec leur reflet, n'est ni vide, ni plein, il est semblable au mirage. Inexistantes, elles s'impriment dans la mémoire en une sorte de sortilège. Le maléfice du miroir n'est pas étranger à la fascination qu'exercent ces cités. Sans cesse elles se regardent à l'envers. Ce psyché les renvoie l'une à l'autre. Il se satisfait simplement d'inverser l'image qu'on lui présente. Issues des profondeurs, les villes des surfaces, en émergeant, s'adossent sur une ligne imaginaire. En l’inversant, elles la parachèvent. Ces cités intangibles et patentes à la fois fusionnent. Les hommes qui les habitent sont richissimes, ils les possèdent toutes deux, celle qu’ils ont construite, et celle héritée. La première est solide, la seconde liquide. Toutes deux depuis longtemps déjà se sont ont arrogé leur mémoire.
Mais leur mémoire n’est pas défaillante, elle sait qu'Atlantide s'est abîmée dans sa propre imitation. Le cordon qui la séparait de sa propre image s'est brisée pour dévaster entièrement sa véracité.
Dépossédés de leur richesse, les hommes qui ont habité ces deux villes à la fois, désormais ne se contenteront plus d'une seule. La gomme qui essaye de soustraire leur mémoire, ils veulent l'abolir. De ce combat qui s'engage, naîtront tôt ou tard deux répliques identiques, en s’amalgamant l'une à l'autre, la transposée et la manifeste de nouveau, elles seront indissociables.
* * *


Edifiées sur l’eau, les villes à la dérive se métamorphosent,
elles sont indéterminables !










Les légendes manuscrites portées au bas des aquatintes du présent ouvrage sont des noms exacts de roches calcaires trouvées dans des carrières lapidaires de France.









Achevé d’imprimé le 28 février 2002 par
Guidu Antonietti

LAPIDAIRE________________

Vingt trois aquatintes paléographiques

23-VALREUIL
22-VALANGES
21-TERVOUX
20-TERCé
19-SIREUIL
18-SAVONNIERES
17-SAINT LEU
16-SAINT VAAST
15-RICHEMONT
14-ROCHE DE CHARMONT
13-POMBERTON
12-MASSANGIS
11-LONGCHANT
10-LENS
09-LAVOUX
08-LANCOME RUBANé
07-FONTBELLE
06-EUVILLE
05-CHAUVIGNY
04-CLERIS
03-BRAUVILLIERS
02-BLEU DE LIGNERES
01-ANSTRUDE

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