jeudi

_________________________________________________________________________________________ CORSICA 01 / CALINZANA

° Début la douzième série " CORSICA "
75X75 SUR CANSON COATED MI-TEINTES 170 G.Hors commerce: collection privée.

2 commentaires:

Guidu Antonietti a dit…

« CORSE ILE DE GRANITE, ENTRE LA LIBERTE ET LA TERREUR »

Texte joint aux cartons d’invitation de l’exposition :
CORSICA 32 aquatintes de Guidu Antonietti di Cinarca


"Ceux qui veulent dépasser, dans tous ses aspects, l’ancien ordre établi ne peuvent s’attacher au désordre présent, même dans la sphère de la culture. Il faut lutter sans plus attendre, aussi dans la culture, pour l’apparition concrète de l’ordre mouvant de l’avenir."
Thèses sur la révolution culturelle. Guy Ernest Debord.



Cette exposition est une réponse à ce que je croyais être une provocation lue dans ces quelques lignes de José Gil "On s’est toujours étonné de la rareté des productions artistiques Corses. Il n’y a pas, prétend-on, d’écoles, de courants, de styles picturaux, architecturaux propres à la Corse … Outre les raisons d’ordre sociologique et historique, il en est une qui vient peut être de la beauté même de l’île. Nous entendons par beauté, ici, non le résultat d’une élaboration de formes, mais la qualité des forces qu’elles recèlent et diffusent… Et puis il faut une certaine douceur, un se défaire à soi-même, pour qu’il y ait de l’art il faut que se taise le bruit des armes et que, dans la déperdition des jours, l’homme trouve un lieu de calme pour dire à nouveau l’aube des formes. Il faut quelque mollesse, un vide de vie que viendra remplir l’agitation des forces retenues dans la matière façonnée. La Corse n’a jamais connu cette mollesse ni ce vide ; mais sa vie est âpre et tourmentée, son abandon à soi un silence sans complaisances, un moment de métabolisme et d’orgueil ; le fond des corps demeure ouvert au jeu des espaces…"


« On s’est toujours étonné de la rareté des productions artistiques Corses. Il n’y a pas, prétend-on, d’écoles, de courants, de styles picturaux, architecturaux propres à la Corse… » Mon amour propre d’artiste, et corse, de surcroît pouvaient-ils résister à cette contre vérité ? Comme de nombreux compatriotes éloignés de notre île, sa beauté, sa sensibilité silencieuse me manquent. Même quand Internet en un instant me ramène chez nous. Je peux ainsi en quelques clics, survoler le Cap corse ou m’enfoncer dans le Cruzzini non loin de Vico, la patrie de Nicolo Corso ce grand peintre corse, qui lui aussi dispersé, réalisa ses si belles fresques à Arezzo en Toscane…Mais ce pèlerinage éclair est chimérique. Sur mon écran je ne sens pas le parfum du maquis, je n’entends pas le parler de mon enfance, je ne sais rien de mon peuple en lutte, pire, je ne peux pas faire grand chose pour sa liberté, car les certitudes virtuelles sont équivoques, amères parfois… Pourtant je sais que ces nouvelles technologies numériques pourraient bien demain, en Corse, montrer la voie d’un développement prometteur. Un jour les plus jeunes qui vivent et qui étudient au pays comprendront que le savoir et la création sont les armes résolues de la liberté. Ils sauront que l’explosion artistique et l’attentat culturel offrent la joie de la tâche accomplie. Eclairer sa conscience, dire sincèrement la fierté de ses espoirs, c’est cet hymne là que j’ai charge d'entonner pour les miens…Des nuits entières j’ai réinterprété ces images que d’autres avaient prises en otages pour en faire des cartes postales. Je les ai libérées, je les ai coloriées à ma façon, pour dire ce bonheur d’être l’enfant d’un pays si beau. Elles sont des slogans pour célébrer mon amitié pour les "poètes et philosophes" ceux qui le 28 janvier 1995 arboraient la tête de maure et la fleur rouge à la poitrine, ceux qui aujourd’hui encore mènent un combat politique juste, pacifique, démocratique. Avec mes dessins, j’ai décidé de rentrer chez nous pour énoncer à ce peuple que j’aime : ensemble chacun avec nos secrets, témoignons au monde entier notre orgueil d’être de cette terre là car elle est œuvre d’art. Notre dette c’est de la rendre plus juste, plus libre, plus belle, plus chaleureuse encore…Cette rétrospective souhaiterait dépeindre notre avenir non pas tel qu’il est mais tel que je rêve qu’il sera, fervent, coloré, digne, lucide de ses démons anciens, ceux qui par la terreur jadis, ont aboli notre indépendance, celle la même que nous avions inventée. Il nous faut maintenant oublier ces veillées éplorées, elles étaient bien trop conformes aux lamentations qui embrasaient l’enterrement de notre culture. Aujourd’hui il faut recouvrer la liberté, pour que chaque matin l’aube dessine la promesse de lendemains meilleurs. Bientôt la lumière chassera les ombres crépuscules de ces nuits bleues, que dans notre langue nous disons turquoises, comme si elle était venue d’un orient méditerranéen d’où le soleil levant prophétiserait un adieu aux armes…

Aldilà a dit…

Vos images sont un très beau contrepoint à notre travail !

Grazie tantu, anchu amicizia !

Jean-Bernard Poli